Suivre le Modèle (Circulaire) Africain

L’Afrique à l’heure de l’économie circulaire. Non pas l’heure de la croissance à tout-va, mais plutôt l’heure du renouveau économique qu’elle pourrait inspirer au reste du monde.

Article écris pour Djouman (en Français) et publié le 26 Septembre 2017.

Le Point de Levier

L’Afrique, comme partout ailleurs, doit se mettre à l’heure de l’économie circulaire. Une économie de collaboration et d’adaptation aux contraintes sociétales, économiques et environnementales. Mais est-ce bien nouveau en Afrique, un continent qui a toujours connu toutes sortes de contraintes et qui a su innover tout au long de son histoire afin d’améliorer le quotidien de ses citoyens ?

L’Afrique est aujourd’hui à un point de levier que personne ne peut contredire. Comme l’Inde des années 90, voire la Chine de la décennie précédente, le compte à rebours de la croissance économique est enclenché. De l’Ethiopie à la Côte d’Ivoire, les taux de croissance font pâlir les anciennes économies. Mais cette course à la croissance à tout-va, est-ce réellement là où l’Afrique doit aller ? Vers un modèle économique qui voit se détériorer les plus puissants marchés mondiaux ? Vers un modèle de croissance gourmand en énergie et à l’origine de l’épuisement des ressources fossiles ? Ces questions sont de taille pour un continent où la moitié de la population est sous le seuil de 25 ans.

Mais comme l’Afrique l’a toujours su, c’est dans l’impasse que les plus belles innovations se créent.

L’Afrique qui Innove

Rêvons un peu. L’Europe se met à l’heure d’une économie dite circulaire, où les ressources sont gérées de manière responsable, dès la conception des produits, dans le but que ceux-ci soient offert en tant que service afin de ne plus générer de déchet. Cette approche sera bénéfique pour le continent. Moins, voire plus du tout, de déchets Européens à retraiter en Afrique, est la bonne nouvelle de cette économie « dite du futur ». Mais allons un peu plus loin. Et si l’Afrique devenait LE modèle économique que le monde entier envierait ? Et si l’Afrique ne suivait pas le modèle obsolète de la croissance à tout prix, ayant prouvé avoir été un échec planétaire, épuisant les ressources naturelles, mettant en péril notre biosphère, et créant un monde toujours plus inégalitaire ?

Regardons plus précisément aux avantages du continent qu’aucun autre ne peut se prévaloir d’avoir : un peuple jeune et dynamique, de faibles infrastructures ayant encore des effets limités sur la biosphère, l’empreinte écologique par habitant la plus faible de la planète (même si celle-ci a dépassé le seuil critique en 2015), et une société collaborative. Le partage, la survie face aux multiples challenges des sociétés Africaines ont fait du continent l’un des plus innovants. Je fus de ceux qui ont vu l’une des seules entreprises en télécommunications à avoir su s’adapter aux besoins sociétaux des citoyens : l’entreprise Celtel International de monsieur Mo Ibrahim fut à l’origine des innovations sociales en matière de télécoms qui ont aidé l’Afrique à communiquer et à se réinventer depuis. Du « Street Payphone », ce téléphone portable en mode pré-payé ou post-payé disponible à même la rue et géré par des femmes nourrissant leur famille grâce au salaire versé, en passant par les zones de roaming gratuit commun à plus de dix pays (faculté de pouvoir communiquer hors des frontières sans frais supplémentaires), font partie des clés du renouveau Africain, car elles ont été capables de s’adapter aux besoins des gens, en fonction de leur niveau de vie économique.

Vers une Référence Planétaire

L’économie collaborative et de partage a toujours existé ici. Considérée comme la nouvelle référence enviable en Europe, l’Afrique pourrait se spécialiser dans les services d’innovation collaborative pour développer des modèles d’affaires encore trop méconnus là-bas. Mais le sujet et l’opportunité est bien plus vaste que cela…

Avec les nouveaux leaders et visionnaires Africains qui mettent en place la théorie d’une Afrique qui gagne, le continent a une fenêtre de tir inespérée : devenir le modèle d’une économie circulaire inclusive sur la base de l’économie collaborative dont elle est experte, d’avancées économiques qui créent un modèle d’accès aux ressources de façon équitable, lui permettant de profiter d’une économie qui resterait sous le seuil international enviable de 1,8 hectare global par habitant.

Pourquoi est-ce envisageable aujourd’hui, et pourquoi en Afrique ? Parce que le seul endroit au monde où le milliard d’habitants (1,22 milliard exactement) possède dans son ADN les notions de collaboration économique et sociale, couplé à la mise en place d’un modèle préservant les nations d’aller au-delà du seuil critique des ressources — d’une planète consommée avant le 31 décembre de chaque année — est beaucoup plus facile à réaliser que partout ailleurs sur le globe.

Bien sûr, les leaders politiques et entrepreneurs visionnaires doivent être au rendez-vous. Mais avec une jeunesse dynamique où nombre d’entre eux veulent en découdre avec les anciens pouvoirs monolithes, l’espoir est désormais de mise pour ce continent nous montrant le chemin d’un avenir commun à tous.

Rejoignez la discussion sur le Groupe Linked In: Le Réseau Africain de l’Economie Circulaire (https://www.linkedin.com/groups/8549626)

©The ACE Network — a registered NPO

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