L’Economie Circulaire 2.0

S’assurer que l’Économie Circulaire soit conçue pour tous.

Alexandre Lemille (dessin par Rachael Acker)

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Un concept étonnant, de mauvaises bases

Le concept de l’économie circulaire en soi est stupéfiant puisqu’il imite les cycles naturels grâce à des boucles de rétroaction à plusieurs niveaux de nos chaînes d’approvisionnement actuelles, tout au long de son parcours: extraction, production, consommation et déchet. Si on va un peu plus loin dans l’analyse du concept, on peut y découvrir de multiples avantages, parfois dissimulés, comme le fait que l’abondance pourrait remplacer la rareté des ressources dans le cas de l’eau, de la nourriture, des combustibles fossiles et d’autres métaux précieux nécessaires au bon fonctionnement de nos sociétés. L’objectif principal de ce concept est de dissocier nos apports en ressources de notre soif de croissance économique constante, où les rendements doivent toujours être plus élevés que l’investissement initial. En concevant soigneusement nos produits et nos services, en se concentrant sur la préservation de tous les éléments que nous avons inventés pour le bon fonctionnement de notre économie, et en acceptant que tous ces éléments et sous-éléments aient un rôle spécifique à jouer dans ce schéma, cet ensemble de principes et de concepts a pour objectif d’augmenter la résilience de nos systèmes économiques en se mettant en adéquation parfaite avec la nomenclature de notre milieu naturel. S’aligner sur ces configurations nous ouvrira l’accès à des innovations sans bornes!

Selon Accenture — dans un scénario « circulaire » avancé — nous pouvons combler le déficit prévu de 40 milliards de tonnes de ressources (prévision optimiste), d’ici 2050, nécessaires à nos économies pour rester florissantes. Qu’est-ce que cela signifie vraiment? En d’autres termes, nous avons la possibilité de concevoir la décennie à venir de telle manière qu’au lieu de diminuer la valeur des biens dont nous dépendons, nous pourrions l’augmenter en choisissant l’option d’une abondance de nourriture, de nutriments non-alimentaires et/ou techniques, afin de répondre à tous nos besoins. Cela signifie également que — dans le contexte actuel -, les pays émergents n’auront pas l’accès aux ressources — dans tous les cas, pas à un prix assez bas — condition nécessaire à leur développement, comme ont pu le faire auparavant, les économies dites développées. Donc, cette situation concerne la majorité de la population mondiale…

Aligner notre monde économique avec celui des cycles naturels semble pourtant être la bonne (et logique) vision à mettre en place. Mais sommes-nous prêts à investir corps-et-âme dans ce nouveau concept? Comprenons-nous assez bien les changements profonds que cela entraînera? Il s’agit de sciemment transformer notre façon de consommer, de voyager, de travailler, de gagner sa vie, enfin, tout pour ainsi dire. Sommes-nous dans le bon état d’esprit pour mettre cela en place? Est-ce que le changement climatique et nos modes de consommation ne dépendent que d’un changement de modèles d’affaires? Ou aurions-nous besoin de faire évoluer d’autres dimensions structurelles? Visons-nous le même objectif, à savoir une vie meilleure pour tous, ou devons-nous transposer notre modèle actuel vers un modèle plus circulaire sans véritables changements systémiques? Et est-ce que nous voulons réellement une vie meilleure pour tous?

Supposons que oui.

Dans ce cas, nous allons sans doute devoir réfléchir au-delà d’une économie circulaire telle qu’on la connait aujourd’hui: avec les mêmes acteurs — des entreprises plus puissantes que des États, dans le même paradigme financier, reproduisant les mêmes interactions humaines et autres relations de pouvoir. Noyée dans les challenges à venir, la construction d’une économie circulaire avec la « maximisation du profit » comme principal objectif étroit d’esprit, sans y repositionner l’humain en son sein, pourrait nous empêcher d’atteindre les grandes ambitions que nous avons pour notre planète et ses habitants.

Les deux dimensions circulaires manquantes

Lorsque l’on regarde les cycles naturels de près, nous observons une optimisation des interactions entre les différents éléments, notamment la façon avec laquelle les énergies sont utilisées. Nous observons aussi le déplacement des flux de manière distribuée. Lorsque nous entendons parler de « circularité » aujourd’hui, il est difficile de distinguer un vrai plan de distribution des pouvoirs de manière transparente, et nous restons dans ce paradigme de la décision court-terme des entreprises à trois mois, avec les mêmes objectifs monétaires (« c’est combien, assez? ») qui nous ont conduit à la crise de 02008 (un zéro devant l’année nous aide à nous projeter sur le long terme, selon ).

Une fois encore, il nous manque une vision d’ensemble. Une fois encore, nous pensons réussir financièrement sans plan prévoyant les risques sociaux potentiels de cette recherche de « maximisation », tels que les grandes inégalités de revenus, les déséquilibres chroniques du marché du travail, la crise d’approvisionnement en eau, et bien d’autres encore. Nous sommes-nous projetés assez loin dans l’approche de la pensée systémique de ce modèle? Elle est complexe, elle a différentes facettes, mais il serait conseillé de faire une pause et de jeter les bases garantissant de bonnes fondations.

La question que nous posons aujourd’hui est de savoir si une économie circulaire est assez « audacieuse » dans sa forme et son contenu actuels? Va-t-elle réussir à répondre aux attentes, c’est-à-dire l’accès aux ressources nécessaires pour maintenir notre niveau de vie dans une modèle sobre en carbone — sans assurer le bien-être de tous, en dépit des cultures, des zones géographiques, des ethnicités ou des niveaux de vie? Pouvons-nous continuer avec le paradigme actuel, à savoir considérer l’argent comme unique facteur de réussite? Et ce, sans se mettre d’accord sur le fait que les décisions doivent être prises sur la base d’un concept beaucoup plus large, dans une économie définie sur la base d’une compréhension systémique?

Il y a au moins deux dimensions qui manquent dans la façon dont l’économie circulaire est conçue aujourd’hui:

  • L’optimisation de toutes les ressources, y compris nous les humains, qui sommes considérés comme une énergie renouvelable à l’infini dans une économie où nous devrons maintenir la valeur des marchandises (Stahel, 2006), à savoir l’intégration de la fin des inégalités, du chômage et de l’exclusion financière dans le cadre du futur modèle d’un « capitalisme collaboratif », reconnaissant la pauvreté comme une externalité du modèle linéaire actuel ;
  • Des pouvoirs distribués ou mieux répartis, ou garantir que la notion de « succès » englobe toutes les valeurs qui sont créées dans un monde d’abondance, où chaque décision aura de multiples conséquences. Calibrés de cette façon, ils pourraient bénéficier à tous, de manière symbiotique ;

Ces deux approchent reconnaissent l’importance à utiliser « », grâce auquel nous pourrions maintenir la valeur des biens et du matériel au niveau le plus élevé, à tout moment et plus rapidement. Et en parallèle, nous justifierions les nombreuses autres valeurs que nous produisons, non seulement les services monétaires, mais aussi toutes les activités considérées comme régénératrices de notre économie, de notre environnement ou de nos défis sociaux et sociétaux. Ils devraient tous être reconnus et récompensés, au même niveau que les transactions monétaires, sous différentes formes (troc, échange de services, monnaies alternatives ou cryptographiques, etc.). Et cela, aussi longtemps que la Règle d’Or s’applique: la valeur totale de notre environnement — à savoir la biosphère dont nous dépendons — est beaucoup plus élevée que la valeur totale de tous les êtres humains, ces derniers jouant un rôle accru dans la préservation et la valorisation de la biosphère, afin de se développer eux-mêmes. Cette règle est la base de notre future définition du « succès ».

Pourquoi ne pas parler d’une « Économie Circulaire 2.0 » qui inclurait ces deux dimensions supplémentaires?

Bien que le concept de « l’éradication des déchets » soit actuellement considéré comme raisonnable d’un point de vue des affaires, les deux autres axes d’une économie circulaire 2. 0 potentielle ne sont pas encore considérés comme la priorité des milieux d’affaires. Pourtant, ces externalités systémiques génèrent le même manque à gagner pour une entreprise (une personne que nous considérons « pauvre » reste coincée dans le cycle de la pauvreté pendant trop longtemps, au lieu de rejoindre l’économie en tant que client potentiel) dans un monde où les gouvernements et les ONG doivent répondre à ces externalités sociales/sociétales.

En Finir avec la Pauvreté

En 2013, le magazine The Economist a déclaré que mettre fin à la pauvreté était notre objectif ultime, estimé alors comme le « grand bond en avant mondial ». Et pourquoi pas? Mais l’économie linéaire actuelle nous aidera-t-elle à atteindre cette ambition? Avons-nous atteint les limites d’un modèle qui a du mal à absorber le dernier milliard de personnes vivant avec 1,20€ par jour ou moins, et a-t-il été conçu pour cela? Où le prochain moteur de croissance va-t-il se trouver pour pouvoir améliorer le bien-être des gens?

« Il est temps d’aller au-delà de cette pensée tridimensionnelle, où nous séparons constamment ces trois notions les unes des autres, alors qu’elles sont entièrement intégrées. Elle est l’unique dimension à atteindre. »

Selon les Objectifs du Millénaire des Nations Unies, il y a eu de nombreuses améliorations dans la réduction de l’extrême pauvreté, mais aussi dans l’éducation, l’accès aux nécessités de base et le taux de mortalité. Pourtant, il ne faut pas se leurrer, car avec une population grandissante, ces problèmes sont en permanence remis en question et le travail à réaliser pour résorber ces failles est énorme. L’ONU a lancé les Objectifs de Développement Durable avec de nouvelles approches prometteuses. Pour la première fois, nous prenons nos limites planétaires en compte, c’est-à-dire, la création d’un lien entre les objectifs sociaux et sociétaux avec ceux environnementaux et économiques. Mais il est temps d’aller au-delà de cette pensée tridimensionnelle, où nous séparons constamment ces trois notions les unes des autres, alors qu’elles sont entièrement intégrées. Elle est l’unique dimension à atteindre.

Au cours des trois dernières années, le concept d’une économie circulaire, rendue visible par la Fondation Ellen MacArthur, nous a permis de réaliser que les déchets ne devraient pas exister et/ou n’existaient pas vraiment. De part notre mauvaise compréhension de la complexité du système dans lequel nous évoluons, notre économie industrielle n’a pas été mise en place correctement. En concevant l’« éradication du déchet », nous avons l’intention de changer nos incohérences actuelles.

« L’Économie Circulaire 2.0, l’intersection où se rencontrent les Objectifs de Développement Durable et les priorités du monde des affaires. »

Nous voyons désormais les déchets-comme-ressources-inutilisées, ce qui est notre récent « grand bond en avant » (en référence à The Economist). Mais que diriez-vous de saisir cette occasion pour considérer aussi la pauvreté comme le résultat d’un système mal conçu? Que diriez-vous d’affirmer que — comme les déchets — la pauvreté est une conséquence de notre modèle actuel? Comme les déchets, ne devrait-elle pas disparaître aussi?

Dans notre système linéaire, le cycle des déchets est basé sur le modèle « Extraction — Production — Déchets » qui a eu des conséquences environnementales incommensurables, telles que la pollution de l’air, les déchets, la toxicité et un changement climatique mondial. Mais ces effets existent aussi au niveau sociétal dans notre modèle d’ « Inégalité — Incapacité — Inaccessibilité »: les inégalités, le chômage, le capital fictif (dette) générant de la pauvreté de sorte que la richesse soit générée par d’autres, comme les personnes vivant avec un handicap considérées comme moins “performantes”, etc.

« Investir les problèmes de société pourrait également conduire à des décisions d’affaires réfléchies qui assureraient une plus grande résilience des entreprises sur le long terme »

Le modèle « Inégalité — Incapacité — Inaccessibilité » est l’un de facteur essentiel de pauvreté:

  • L’inégalité d’accès à l’économie où les obstacles actuels à l’entrée sur nos marchés mondiaux sont conséquents: la possession des biens, l’obsolescence des produits, le prix-comme-unique référence du « Vrai Coût » (en référence à la méthode qui inclue le coût des externalités) de tout ce que nous créons et échangeons, la rareté des ressources de premier ordre, et ainsi de suite, au lieu d’une approche qui consisterait à considérer que nous sommes tous des clients potentiels ;
  • L’incapacité de prospérer dans une économie où notre système financier a été développé par une élite pour cette élite sans réellement prendre en compte les potentiels du marché et l’abondance éventuelle d’autres valeurs régénératrices ;
  • L’inaccessibilité à la performance humaine dans une économie qui a réduit la notion de travail à une approche de pensée très étroite et non-systémique, où, comme alternative, la main-d’œuvre dans son ensemble pourrait être considérée comme la base des moyens futurs permettant la reconstitution de notre modèle ;

Lorsque l’on regarde les deux cycles en parallèle, les cycles du déchet et de la pauvreté, nous nous apercevons qu’ils ont des caractéristiques similaires: ils sont bases sur une méconnaissance de notre système, leurs mouvements sont perpétuels, ils génèrent tous deux des externalités (pollution, toxicité, changement climatique pour ne nommer que quelques-uns ce que l’on appelle le « cycle du déchet », et la rareté des biens, le désespoir, les approches économiques non-inclusives entre-autres dans le « cycle de la pauvreté »). Pour résoudre — entre autres — nos challenges environnementaux, nous ne pouvons pas les dissocier des besoins primaires de la population.

Vous vous êtes aussi peut-être demandé le coût réel d’une économie du gâchis? Que diriez-vous de vous demander le coût réel d’une économie inégale? Ou bien est-ce que vous ne voulez pas savoir: trop complexe, trop inextricable, « ce n’est pas mon problème, laissez l’ONU et les gouvernements se débrouiller ». Et bien non. Mauvaise réponse. Si vous prétendez être ce chef d’entreprise étonnant et innovateur, cela doit faire partie de votre ligne de conduite!

« Si vous prétendez être ce chef d’entreprise étonnant et innovateur, cela doit faire partie de votre ligne de conduite! »

Lorsque vous avez entendu pour la première fois qu’il n’y avait pas de déchets dans la nature, il vous a peut-être fallu un certain temps pour comprendre ce que cela signifiait vraiment. Le même raisonnement devrait s’appliquer à la pauvreté: pourquoi devrait-elle exister quand il n’y a pas d’équivalent ailleurs?

Aujourd’hui, nous avons compris que les déchets sont en fait des éléments nutritifs réutilisables à l’infini. Dans un monde où les déchets sont désormais des nutriments, nous pourrions tous être considérés comme des êtres humains décents et des clients attrayants, y compris les moins fortunés, n’est-ce-pas?

« Pour briser le cycle de la pauvreté, il faut se servir de la même logique circulaire! »

Alors que l’« économie du gâchis » est comme n’étant plus abordable, la pauvreté est le plus haut risque social que de nombreuses entreprises subissent dans un monde de sept milliards d’habitants. Investir dans la résolution des problèmes de société pourrait également conduire à des décisions d’affaires réfléchies qui assureraient une plus grande résilience des entreprises sur le long terme.

Pour briser le cycle, il faut se servir de la même logique circulaire que celle que nous utilisons pour l’éradication des déchets: en inversant notre modèle de l’ « Extraction — Production — Déchets » actuel, nous pourrions innover autour du « ne plus extraire, reproduire, et ne plus gâcher », pour ainsi dire. Alors, que penseriez-vous de faire évoluer le cycle actuel de pauvreté actuel des trois « in- »: In-égalité, In-capacité, In-accessibilité vers un cercle vertueux qui chercherait à inclure le reste des clients « potentiels » une fois les barrières économiques tombées?

  • Que diriez-vous d’affirmer que « L’égalité est bonne pour les affaires »?
  • Que diriez-vous de dire que « le développement d’une capacité financière adaptée est une priorité »?
  • Que diriez-vous de veiller à ce que « l’octroi de l’accès à de nouvelles formes de main-d’œuvre soit innovant »?

Le fait d’aborder la question de la pauvreté n’est plus l’affaire du public et des organisations internationales. C’est l’affaire de tous!

L’éradication de la pauvreté doit être intégrée dans une nouvelle conception des biens et services, afin d’accélérer sa disparition. Le défunt CK Prahalad déclarait très clairement que les entreprises ont jusqu’ici manqué le plus grand marché: la « Base de la Pyramide » (Base of the Pyramid, en Anglais, ou BOP) où quatre milliards de clients potentiels, avec une parité de pouvoir d’achat (PPA) de 1 à 1.5 milliards de dollars, n’ont pas encore été ciblés. Prahalad se projetait dans une économie linéaire basée sur un bien où on réduirait les coûts de production afin d’en permettre l’accès. Imaginez le même potentiel dans un modèle basé sur le service polyvalent? Si l’on compare le potentiel du marché « BOP » avec les deux autres : les 80 millions de personnes vivant avec une PPA de plus de 20.000 $, et l’autre groupe de 1,5 milliard de personnes vivant avec une PPA entre les deux, le marché du « BOP » pourrait devenir extrêmement plus attractif dans une approche éco-systémique…

Collaborer pour survivre, en tant qu’entreprises, en tant qu’individus

Il reste un dernier facteur à prendre en compte quand on parle de la pauvreté dans une économie linéaire. D’un point de vue macro-économique, nous vivons dans des périodes cycliques où les changements se font sur plusieurs centaines de siècles voire plus. Nous sommes actuellement en train d’évoluer dans la « Phase de Conservation » où les ressources sont beaucoup plus difficiles d’accès, inextricables, et l’évolution de cette situation est lente. Les Hommes auront le choix: soit ils se battront pour les posséder, soit ils développeront un sens aigu de la collaboration pour les accéder. Cette nouvelle forme de « Collaborativisme » est sans doute préférable pour la survie de notre espèce. Cela signifie également que nous évoluerons vers une espèce plus attentive au bien-être des autres, pas tellement par une réelle attention, mais surtout dans un but commun de créer un monde équilibré présentant de fortes interdépendances, caractéristiques d’un modèle de survie. Il ne sera plus question de « ceux qui possèdent » contre « ceux qui ne possèdent pas » mais plutôt, de la mise en place d’un système économique du « soi » loin des objectifs matériels et autres comportements individualistes.

Les Personnes en son Sein, pour un Impact Réel

Si nous voulons que l’Economie Circulaire soit conçue pour répondre aux besoins de tous, nous devons nous assurer que les services soient accessibles, abordables, et générateurs de bénéfices tout le long de la chaîne de valeur. D’où la nécessité de repositionner les personnes au sein de ce modèle, et non pas à sa périphérie comme proposé actuellement.

Pour ce faire, des principes additionnels pourraient être ajoutés afin de s’assurer de l’impact concret de ce modèle prometteur:

  1. « L’Égalité fait sens en affaires » — ou les barrières économiques à l’entrée pourrait être abaissées, grâce à des services créés de telle façon à répondre aux besoins de tous à travers un accès plus égal et plus honnête à l’économie de marché. La valeur circulaire ajoutée des entreprises et des gouvernements serait mesurée en fonction du nombre d’années d’intégration de nouveaux clients dans nos économies, c’est-à-dire, s’assurer que ces clients et citoyens — qui ont toutes les difficultés actuellement de survivre dans une économie de la propriété du produit — pourrait être intégrés le plus longtemps possible dans nos économies et grandir avec elles sur le long terme. Cette nouvelle définition de la fidélité ou de la satisfaction devra être réellement basée sur celle des clients, et non pas la « satisfaction » actuelle définie par l’entreprise. Ce nouveau paradigme pourrait faire sens dans une économie du service où les profits seront réalisés sur le long-terme. Une économie globale de services serait aussi bien plus versatile avec l’objectif de répondre aux vrais besoins des gens. C’est clairement une nouvelle approche du monde des affaires qui pourrait engendrer des bénéfices pour nous tous étant donné qu’elle amenuisera les chocs économiques. Un modèle fondé sur le citoyen et le client aura un impact très positif sur la disparition de l’inégalité hors de nos systèmes économiques;
  2. « Proposer des offres financières adaptées est une priorité » — où chacun pourra accéder à plus de possibilités avec moins, étant donné que même avec un niveau de vie faible, une vie décente sera toujours possible dans une économie où la versatilité des services pécuniaires, comme le paiement évolutif en fonction de votre capacité financière, loin du paiement pour l’obtention d’un produit, en place aujourd’hui. Dans un cadre collaboratif basé sur le service, où les externalités de notre système sont absorbées, attirer de nouvelles catégories de clients, et les garder comme tels le plus longtemps possible fidèles, devient la seule vraie priorité. Des plateformes de moyens d’échanges sont préférées et seront la base potentielle de l’abondance financière recherchée: le financement à l’accès, le troc de nécessité, ou d’autres moyens de transaction fleuriront hors du format standardisé monétaire actuel. Plus il y aura d’options dans les plateformes d’échanges, plus les opportunités économiques adaptées se multiplieront. Cette approche créera beaucoup moins de dépendance aux crédits financiers comme nous accéderont aux services en fonction de nos besoins. Dans « besoins », nous reconnaissons qu’il est très bénéfique d’éviter à tout prix que le client ne soit enfermé dans une spirale de l’endettement. Ici, la création de la valeur circulaire des entreprises et des gouvernements pourrait être mesurée par un ratio financier calculé sur l’habilité des clients à réellement bénéficier des opportunités économiques, à savoir, la capacité à accéder notre économie, y rester et développer cette capacité en son sein — au lieu de l’actuelle approche linéaire qui consiste à créer de l’ « inhabilité à payer » conduisant les citoyens dans le cercle vicieux de la vie à crédit. En concevant des services sur la base de la capacité pécuniaire des personnes, cela pourrait nous aider à éliminer l’exclusion financière hors de nos économies;
  3. « S’ouvrir à de nouvelles formes de travail est innovant » — ou ce que l’on considère être un travail aujourd’hui devient une activité à but précis, à savoir, de nouvelles approches de l’utilisation de la main-d’œuvre visant à créer de l’abondance (en eau, en nourriture, en sols régénérés, en absorption de CO2, etc.) doivent voir le jour et être reconnues de part leur nature régénérative et bénéfique. Dans une économie où le maintient des stocks de ressources est une urgence, la main d’œuvre, comme expliquée par le , est considérée comme une énergie renouvelable à l’infini, et donc qui ne devrait pas être imposée car elle est une ressource désirée. Nous autres, Humains, sommes désormais une source infinie d’énergie à utiliser pour le maintien de nos nutriments biologiques et physiques à leur valeur la plus élevée de tous temps. Les innovations pourrait dès lors provenir de nombreuses activités et autres formes de travail que les entreprises créeront. La main d’œuvre pourrait se développer de façon exponentielle (ce que l’on peut appeler l’effet « ré-embauchage ») en se décuplant automatiquement étant donné qu’elle sera non-imposée et récompensée en fonction du réapprovisionnement du stock de matières. La récompense des activités à but régénératif pourrait devenir la norme comme le réapprovisionnement et l’optimisation de la valeur circulaire seront préférables à l’approche actuelle qui consiste à engendrer nombre d’externalités environnementales, sociales et économiques de manière exponentielle.

« Une économie basée sur l’homme-au-lieu-de-la-machine à tout prix, sur le « soi » plutôt que le « j’ai », et sur la collaboration-au-lieu-de-l’individualisme pourrait être très bénéfiques aux pays émergents. »

Les problématiques sociales ne peuvent pas être résolues séparément de celles environnementales et économiques. Cette approche macro-économique pourrait engendrer des retours hautement bénéfiques sur tous investissements et choix à réaliser dans les années à venir. Aujourd’hui, nous avons l’opportunité de re-concevoir nos économies en répondant à toutes les couches de nos besoins sociaux et sociétaux. Et ceux grâce à des services versatiles qui peuvent y répondre de façon continue.

Soyons les réels acteurs de vraies innovations dans une Économie Circulaire 2.0 avec pour objectif le développement de réelles idées bénéfiques pour toutes et tous!

Suivez-nous: @ValuedCircEcon

Ce qu’en disent les experts:

@Janez Potočnik, ancien Commissaire Européen à l’Environnement (1er Paquet pour l’Économie Circulaire): « Je n’oublie jamais de mentionner cet angle dans mes présentations, mais tu es allé plus loin et il est utile d’explorer cette logique. »

@Kristian Skanberg, Club de Rome: « […] il est beaucoup plus difficile de « concevoir des systèmes sociaux circulaires minimisant la pauvreté », mais nous devrions et nous devons essayer […] »

@Peter Lacy, Leader en Économie Circulaire, Accenture: « Bravo Alex, je suis assez accord avec tout ce qui est dit. »

@Circular Economy (La Fondation Ellen MacArthur) — plusieurs sources: « En plein dedans! »

@Professeur Walter R. Stahel, L’Institut du Cycle de Vie du Produit, Auteur de l’Économie de la Fonctionnalité: « Merci Alex, très bien écrit! »

@James Greyson, expert en Économie Circulaire, Fondateur de BlindSpot: « Brillant pour élargir la conversation au-delà du flux des ressources circulaires! »

@Mike Barry, Directeur du Développement Durable, Marks & Spencer: « De bonnes idées sur le besoin d’une dimension sociale à intégrer beaucoup plus dans la pensée Circulaire. »

@Andy Ridley, P-DG Circle Economy Amsterdam: « Très bon article Alex […] il devient clair jours après jours que nous ne répondons pas aux opportunités et problèmes sous-jacents pour des sociétés équilibrées. »

@Chris Hoskin, Directeur Marketing à Innoverne, leader en solutions circulaires: « Chapeau bas @AlexLemille pour blog sur Huffpost Business à propos de l’Économie Circulaire 2.0! »

@Brendon Rowen, Directeur à Cradle-to-Cradle Marketplace: « Quelle lecture IMPRESSIONANTE Alex. Bravo. Avant-gardiste et inspirant. »

@Kevin Dooley, Professeur en Développement Durable, Université de l’État de l’Arizona: « De grandes réflexions sur les grands objectifs pour une Économie Circulaire! »

@Antonis Mavropoulos, Scientifique & Futuriste: « Super article ! L’innovation sociale est la clé de l’utilisation de l’Économie Circulaire »

@Kenneth Hald Jensen, P-DG, Green Network Danemark: « Lecture obligatoire pour tous ceux intéressés par l’Économie Circulaire. »

RECONNAISSANCES:

Grâce au concept de l’Économie Circulaire 2.0 et à son plaidoyer en faveur de l’économie circulaire, Alexandre a reçu la reconnaissance de « Hautement recommandé, catégorie Leadership en économie circulaire » à la cérémonie des récompenses « The Circulars 2016 », organisée par le Forum Économique Mondial.

The Circular Humansphere or how humans will preserve conditions conducive to life #CircHumansphere

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